Écrit par Seraphine N'Guessan Lundi, 23 Janvier 2012 13:24
Quand vos statuts Facebook peuvent vous porter préjudiceAu fil du temps, la plateforme Facebook s’est imposée comme le point de jonction ultime entre notre vie virtuelle et notre vie IRL (In Real Life). Mais que faire quand ces deux aspects de nos vies se court-circuitent mutuellement ? N’attendez pas pour réagir.
Quelles sont les règles de base pour préserver sa vie privée ?
- Prendre conscience qu’à partir du moment où vous dévoilez une information sur votre page Facebook, les gens vont parler. Il faut être prêt à en assumer les conséquences.
- Soyez vigilants : Oui, c’est sympa de renouer le contact avec certaines personnes que vous aviez perdues de vue, mais ces personnes ont-elles un rôle positif à jouer dans votre vie d’aujourd’hui ?
- N’entretenez pas des comportements que vous n’appréciez pas vous-même : la netiquette veut qu’on évite de colporter ragots et fausses informations sur la toile.
- Intervenez avec courtoisie si une personne parle de vous en des termes qui ne vous conviennent pas. Expliquez-lui que vous ne désirez pas que certaines informations filtrent sans votre accord, et si elle insiste, rappelez-lui que le droit à la vie privée existe, même sur internet. La loi est derrière vous.
« Il y a quelques mois, un ancien ami de fac est passé de « célibataire » à « en couple » sur sa page Facebook » raconte Ludivine. Cette dernière n’en revient toujours pas des proportions que ce micro événement a pu prendre dans sa sphère sociale. « Dans l’heure qui a suivi, mes anciennes connaissances de fac retrouvées sur Facebook se sont déchainées sur le réseau ». Les commentaires plus ou moins sympathiques s’enchainent dans la même journée : « Je ne savais même pas qu’il avait divorcé de sa première femme » lâcha une des anciennes copines de Ludivine, « Mais qui voudrait épouser un mec pareil ? » asséna une autre qui était sortie avec lui dans le passé.».
Mais pourquoi perdre son temps à en parler alors ? A cette question, Ludivine fait la moue. « Je crois que c’est un mélange de curiosité mal placée, d’ennui, et une façon de renouer avec cette période de nos vies ».
« C’est dans la nature humaine de se regrouper et d’échanger » explique la psychologue Anne Guetta, « La vie des autres nous paraît toujours plus intrigante et excitante, alors c’est un sujet de discussion intarissable ». Un simple clic a donc transformé le profil de cet ami de fac en point de ralliement d’une bande d’anciens camarades, générant au passage ragots, scénarios hypothétiques et rumeurs folles. « Il suffit d’un rien pour déclencher des réactions sur internet, et celles-ci deviennent vite incontrôlables » poursuit Anne Guetta, « Je dirai même que c’est encore plus présent sur internet, où chacun perçoit les petites phrases par son prisme intérieur : une plaisanterie ou du second degré n’auront pas le même impact sans la voix et l’intonation de celui qui écrit, et l’anonymat d’un écran d’ordinateur amène les autres à oublier les règles de bonne conduite ».
Les choses dégénèrent vite dans la bande d’amis de Ludivine. Les confessions fusent sur les profils des uns et des autres, tantôt amusées, tantôt acides. « Ce que nous n’avions pas imaginé » raconte Ludivine, « C’est que sa petite amie soit une connaissance commune de l’époque, qui était elle aussi dans nos listes d’amis… Et celle-ci a tout lu, toutes les anecdotes, les commentaires négatifs, les mauvais dossiers… ». Ludivine n’est pas fière d’elle, car elle a non seulement participé à ce jeu de massacre, mais qu’elle a aussi fait de la peine à cette fille contre laquelle elle n’avait jamais rien eu. « Je sais que certaines informations qu’elle a découvertes ont semé le trouble dans son esprit, elles appartenaient au passé de notre ami et de les apprendre aussi brutalement a dû être douloureux pour sa petite amie. Elle a finalement rompu avec lui. Je m’en veux encore, nous sommes adultes à présent, ces histoires font partie de notre passé, elles auraient dû y rester ». La difficulté c’est qu’avec Facebook, le passé peut rattraper n’importe qui.
Source : Pampa presse